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Le Vallon des Plans

Le Vallon des Plans

Champ favori du botaniste et du géologue, ressource pour ceux qui, ayant besoin de trève aux labeurs des villes. accourent chaque été aspirer à pleins poumons l'air pur et se délecter de fraicheur et de verdure, séjour vraiment alpestre, malgré sa proximité de la plaine...

On comprend que ceux qui l'ont visité s'y affectionnent et ne se décident à le quitter qu'avec la perspective, l'espoir d'y revenir. Le charme des surprises, les mille découvertes renouvelées chaque jour, la variété des sites qu'il faut aller chercher sOi-même pour savoir les apprécier, voilà ce qui fait la valeur des Plans comme centre de promenades. On n'y fait pas le moindre trajet sans être sous le charme du continuel changement de décor de cette région unique en son genre: ici une échappée sur les hautes montagnes, une révélation du monde glaciaire, là une gorge resserrée où retentit la voix du torrent qui s'y brise en cascades, tantôt une pelouse avec ses bosquets de mélèzes -sites ravissants pour pique-niques -tantôt tout un vaste horizon qui se développe à l'infini. N'est-ce pas là ce qui engage à donner la palme à ce vallon, dont l'encadrement est sublime, de préférence à d'autres sites plus ouverts, qui paraissent peut-être plus brillants au premier abord. N'y est-on pas en effet sous l'impression que non-seulement on voit les Alpes, mais qu'on est admis dans leur intimité ?

Le fait que les Plans ne sont point un village, mais la vraie montagne, avec ses gracieux chalets pittoresquement disséminés -ce fait n'est pas étranger sans doute au souvenir si favorable qurîls laissent à leurs visiteurs.

Température régulière (pas de bise ni de foehn), air vivifiant, eau salubre à profusion, grande facilité d'accès, rien ne manque pour rendre ce séjour des plus sains, des plus agréables et des plus attrayants.

(Auguste Wagnon, Autour des Plans de Frenières Excursions et Escalades)

Si l'on veut avoir du vallon des Plans une vue complète et une impression qui ne s'effacera pas, il faut monter par le sentier de Frenières. Arrivé au point culminant du sentier, on se trouve sur une sorte de promontoire1 contrefort de l'alpe de Bovonnaz. Si l'on fait alors quelques pas à droite, on a tout à coup devant soi l'un des sites les plus imprévus, les plus intimes, les plus harmo¬nieux qu'il soit possible d'imaginer.

C'est d'abord comme une corbeille de fraiche verdure dont VOUS repaissez vos regards avides. Le fond de cette corbeille est une petite plaine s'allongeant en arc de cercle le long des pentes de Bovonnaz, avec une légère inclinaison à l'orient, du côté de l'Avançan, qui est ainsi rejetê sur les rapides forêts de Savoleyres. (... ) Si vous élevez vos regards au-dessus de ce spectacle paisible et rassurant, vous avez les splendeurs et les austérités de la haute monta¬gne; et d'abord, au nord-est, l'imposante masse du Grand Muveran, si haute et si bien assise, puis une branche du glacier de Plan-Névé, appuyée au nord'¬est aux dents aiguës du Scex-Percé; plus loin à l'arrière-plan, la tête du Grand-Jean, derrière laquelle se cache le glacier de Paneyrossaz; enfin, vers l'occident, la partie de l'Argentine, dont le sommet figure admirablement un énorme lion accroupi sur le plan incliné, la tête au soleil couchant. La haute montagne, vue de notre belvédère, n'a rien de trop écrasant, adoucie qu'eUe est par certaines pentes, certaines croupes vertes dont les lignes sont moins brisées. Certainement, elle donne à l'ensemble du paysage un caractère grave qu'il n'aurait pas sans elle, mais eUe est assez reculée pour ne lui rien communiquer de sauvage et d'inhospitalier.

Le soleil qui vient de surmonter les pentes de savoleyres, éclaire et vivifie toute la scène.

"J'ai vu des monts les sommets grandioses
Et du glacier le stérile sillon;
Sous les rochers, j'ai cueilli lis et roses,
J'ai bu la crème au chalet du vallon;
Puis du couchant, de ses teintes vermeilles
J'ai vu deux fois les neiges s'animer;
Mais j'étais seul devant tant de merveilles
Tout est si beau! mon coeur voudrait aimer.

D'ici j'entends le torrent qui murmure,
Et le bouleau gémir au vent du soir;
La lune au Ciel brillant limpide et pure,
Du Mûveran dépasse le fianc noir.
ils sont bien beaux nos soirs à la montagne,
Rien n'y distrait de ce qui peut charmer;
Pour en jouir, j'y rêve une compagne;
Tout est si beau mon coeur voudrait aimer."

Il Les Plans -juillet 1841

PLAN-NÉVÉ


A l'endroit où se trouve actuellement le glacier de Plan-Névé, c'est-à-dire au nord du Grand Muveran, existait autrefois un magnifique pâturage. La montagne était si belle et si fertile, les vachers dans une telle ,prospérité qu'ils jouaient aux palets avec des tommes de chèvre et aux quilles avec des têtes de beurre, en guise de boules.

Un soir que la tempête menaçait dans la montagne se pré.sente, à la porte du chalet de Plan-Névé, une femme à l'aspect pauvre et ridé. D'un ton digne d'exciter la compassion, elle supplie les vachers de l'héberger pour la nuit et de lui donner "ona crota", c'est-à-dire une croûte de pain avec un peu de beurre. Ceux-ci, bien que clans l'abondance, hommes sans coeur, s'il y en eut jamais, gens durs et grossiers, lui répondent qu'ils n'ont rien pour elle et qu'elle n'a qu'à détaler le plut tôt possible.

La pauvre vieille, aussi furieuse que froissée, sort en silence du chalet inhos¬pitalier; puis à quelque distance, se retourne et, regardant le pâturage d'un oeil terrible et prophétique, profère cette malédiction: Tf Balla pllanna: Plan-Névé: Jamé terreina te ne te reverré: (Belle plaine Plan-Névé, jamais je ne te reverrai terrain ~ ") Aussitôt un orage épouvantable de neige, de grêle et de vent en furie se pré¬cipite sur cette belle montagne et la recouvre en quelques instants d'un linceul de glace qui, pendant de longues années, n'a été qu'en s'épaississant.

Aujourd'hui, le glacier diminue, et ce qui donne quelque apparence de vérité à l'opinion que ces lieux formaient jadis un pâturage, c'est que, en 1822, année chaude et très précoce, des chasseurs de chamois et de marmottes racontaient y avoir vu à découvert, dans les éboulis de pierre et de glace, la voûte d'un vieux pont, destiné sans doute à faciliter l'accès de la montagne. On prétend même que ce pont se découvrirait tous les sept ans. En outre, dans les moraines, au pied des parois des Cuvertellets, on doit avoir trouvé, il y a quelques années, une chaîne en fer au mdyen de laquelle on attache le bétail et qui aurait été charriée par le glacier. D'autre part, M. Philippe Marlétaz des Plans, le guide bien connu que je consultais sur ce point, m'a répondu ce qui suit: Pour mon compte, voici ce que j'ai observé et découvert: il y a deux ans, un orage a éclaté du côté du col de la tête à Pierre Grept, et du glacier de Plan-Névé. Par suite de l'accumulation des eaux, le torrent avait tellement grossi que le terrain qui forme son lit, avait été rongé à une profondeur de trois mètres, en mettant à découvert des poutres et d'assez gros rondins, ce qui prouve bien, ajoutait-il, que dans les anciens temps il y avait des habitations ou des forêts dans ces hautes régions.

Quoi qu'il en soit, la légende existe et subsistera au vallon des Plans, comme aux alentours, aussi longtemps que des être humains y habiteront.

  • Le Vallon des Plans

    Champ favori du botaniste et du géologue, ressource pour ceux qui, ayant besoin de trève aux labeurs des villes. accourent chaque été aspirer à pleins poumons l'air pur et se délecter de fraicheur et de verdure, séjour vraiment alpestre, malgré sa proximité de la plaine...

    On comprend que ceux qui l'ont visité s'y affectionnent et ne se décident à le quitter qu'avec la perspective, l'espoir d'y revenir. Le charme des surprises, les mille découvertes renouvelées chaque jour, la variété des sites qu'il faut aller chercher sOi-même pour savoir les apprécier, voilà ce qui fait la valeur des Plans comme centre de promenades. On n'y fait pas le moindre trajet sans être sous le charme du continuel changement de décor de cette région unique en son genre: ici une échappée sur les hautes montagnes, une révélation du monde glaciaire, là une gorge resserrée où retentit la voix du torrent qui s'y brise en cascades, tantôt une pelouse avec ses bosquets de mélèzes -sites ravissants pour pique-niques -tantôt tout un vaste horizon qui se développe à l'infini. N'est-ce pas là ce qui engage à donner la palme à ce vallon, dont l'encadrement est sublime, de préférence à d'autres sites plus ouverts, qui paraissent peut-être plus brillants au premier abord. N'y est-on pas en effet sous l'impression que non-seulement on voit les Alpes, mais qu'on est admis dans leur intimité ?

    Le fait que les Plans ne sont point un village, mais la vraie montagne, avec ses gracieux chalets pittoresquement disséminés -ce fait n'est pas étranger sans doute au souvenir si favorable qurîls laissent à leurs visiteurs.

    Température régulière (pas de bise ni de foehn), air vivifiant, eau salubre à profusion, grande facilité d'accès, rien ne manque pour rendre ce séjour des plus sains, des plus agréables et des plus attrayants.

    (Auguste Wagnon, Autour des Plans de Frenières Excursions et Escalades)

  • Si l'on veut avoir du vallon des Plans une vue complète et une impression qui ne s'effacera pas, il faut monter par le sentier de Frenières. Arrivé au point culminant du sentier, on se trouve sur une sorte de promontoire1 contrefort de l'alpe de Bovonnaz. Si l'on fait alors quelques pas à droite, on a tout à coup devant soi l'un des sites les plus imprévus, les plus intimes, les plus harmo¬nieux qu'il soit possible d'imaginer.

    C'est d'abord comme une corbeille de fraiche verdure dont VOUS repaissez vos regards avides. Le fond de cette corbeille est une petite plaine s'allongeant en arc de cercle le long des pentes de Bovonnaz, avec une légère inclinaison à l'orient, du côté de l'Avançan, qui est ainsi rejetê sur les rapides forêts de Savoleyres. (... ) Si vous élevez vos regards au-dessus de ce spectacle paisible et rassurant, vous avez les splendeurs et les austérités de la haute monta¬gne; et d'abord, au nord-est, l'imposante masse du Grand Muveran, si haute et si bien assise, puis une branche du glacier de Plan-Névé, appuyée au nord'¬est aux dents aiguës du Scex-Percé; plus loin à l'arrière-plan, la tête du Grand-Jean, derrière laquelle se cache le glacier de Paneyrossaz; enfin, vers l'occident, la partie de l'Argentine, dont le sommet figure admirablement un énorme lion accroupi sur le plan incliné, la tête au soleil couchant. La haute montagne, vue de notre belvédère, n'a rien de trop écrasant, adoucie qu'eUe est par certaines pentes, certaines croupes vertes dont les lignes sont moins brisées. Certainement, elle donne à l'ensemble du paysage un caractère grave qu'il n'aurait pas sans elle, mais eUe est assez reculée pour ne lui rien communiquer de sauvage et d'inhospitalier.

    Le soleil qui vient de surmonter les pentes de savoleyres, éclaire et vivifie toute la scène.

  • "J'ai vu des monts les sommets grandioses
    Et du glacier le stérile sillon;
    Sous les rochers, j'ai cueilli lis et roses,
    J'ai bu la crème au chalet du vallon;
    Puis du couchant, de ses teintes vermeilles
    J'ai vu deux fois les neiges s'animer;
    Mais j'étais seul devant tant de merveilles
    Tout est si beau! mon coeur voudrait aimer.

    D'ici j'entends le torrent qui murmure,
    Et le bouleau gémir au vent du soir;
    La lune au Ciel brillant limpide et pure,
    Du Mûveran dépasse le fianc noir.
    ils sont bien beaux nos soirs à la montagne,
    Rien n'y distrait de ce qui peut charmer;
    Pour en jouir, j'y rêve une compagne;
    Tout est si beau mon coeur voudrait aimer."

    Il Les Plans -juillet 1841

  • PLAN-NÉVÉ


    A l'endroit où se trouve actuellement le glacier de Plan-Névé, c'est-à-dire au nord du Grand Muveran, existait autrefois un magnifique pâturage. La montagne était si belle et si fertile, les vachers dans une telle ,prospérité qu'ils jouaient aux palets avec des tommes de chèvre et aux quilles avec des têtes de beurre, en guise de boules.

    Un soir que la tempête menaçait dans la montagne se pré.sente, à la porte du chalet de Plan-Névé, une femme à l'aspect pauvre et ridé. D'un ton digne d'exciter la compassion, elle supplie les vachers de l'héberger pour la nuit et de lui donner "ona crota", c'est-à-dire une croûte de pain avec un peu de beurre. Ceux-ci, bien que clans l'abondance, hommes sans coeur, s'il y en eut jamais, gens durs et grossiers, lui répondent qu'ils n'ont rien pour elle et qu'elle n'a qu'à détaler le plut tôt possible.

    La pauvre vieille, aussi furieuse que froissée, sort en silence du chalet inhos¬pitalier; puis à quelque distance, se retourne et, regardant le pâturage d'un oeil terrible et prophétique, profère cette malédiction: Tf Balla pllanna: Plan-Névé: Jamé terreina te ne te reverré: (Belle plaine Plan-Névé, jamais je ne te reverrai terrain ~ ") Aussitôt un orage épouvantable de neige, de grêle et de vent en furie se pré¬cipite sur cette belle montagne et la recouvre en quelques instants d'un linceul de glace qui, pendant de longues années, n'a été qu'en s'épaississant.

    Aujourd'hui, le glacier diminue, et ce qui donne quelque apparence de vérité à l'opinion que ces lieux formaient jadis un pâturage, c'est que, en 1822, année chaude et très précoce, des chasseurs de chamois et de marmottes racontaient y avoir vu à découvert, dans les éboulis de pierre et de glace, la voûte d'un vieux pont, destiné sans doute à faciliter l'accès de la montagne. On prétend même que ce pont se découvrirait tous les sept ans. En outre, dans les moraines, au pied des parois des Cuvertellets, on doit avoir trouvé, il y a quelques années, une chaîne en fer au mdyen de laquelle on attache le bétail et qui aurait été charriée par le glacier. D'autre part, M. Philippe Marlétaz des Plans, le guide bien connu que je consultais sur ce point, m'a répondu ce qui suit: Pour mon compte, voici ce que j'ai observé et découvert: il y a deux ans, un orage a éclaté du côté du col de la tête à Pierre Grept, et du glacier de Plan-Névé. Par suite de l'accumulation des eaux, le torrent avait tellement grossi que le terrain qui forme son lit, avait été rongé à une profondeur de trois mètres, en mettant à découvert des poutres et d'assez gros rondins, ce qui prouve bien, ajoutait-il, que dans les anciens temps il y avait des habitations ou des forêts dans ces hautes régions.

    Quoi qu'il en soit, la légende existe et subsistera au vallon des Plans, comme aux alentours, aussi longtemps que des être humains y habiteront.

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